73. Examen comparatif des associations entre la concentration d’adipokines dans le sang de cordon ombilical et l’adiposité chez l’enfant, selon le sexe (résumé simplifié)

(An examination of sex differences in associations between cord blood adipokines and childhood adiposity) Ashley-Martin J, Karaceper M, Dodds L, Arbuckle TE, Ettinger AS, Fraser WD, Muckle G, Monnier P, Fisher M, Kuhle S. Pediatric Obesity 2020 Mar;15(3):e12587. doi: 10.1111/ijpo.12587

Les adipokines (leptine et adiponectine) sont des hormones sécrétées par le tissu adipeux (graisse corporelle). Elles jouent un rôle important dans le stockage de l’énergie à long terme et ont une influence majeure sur les fonctions reproductrices, la régulation de la tension artérielle, la réponse immunitaire et de nombreux autres processus de l’organisme. La leptine contribue au maintien du poids corporel en équilibrant à long terme la consommation d’aliments et les dépenses énergétiques, tandis que l’adiponectine améliore la réponse de l’organisme à l’insuline et protège contre le diabète de type 2.

Ce projet de la Biobanque MIREC avait pour but d’examiner si les concentrations d’adipokines (hormone adipocytaire) dans le sang de cordon ombilical des nouveau-nés étaient associées au développement de l’obésité durant l’enfance.

Dans le cadre de ce projet, la leptine et l’adiponectine ont été mesurées dans des échantillons de sang de cordon ombilical conservés dans la Biobanque MIREC. Dans l’étude MIREC-CD Plus, le poids corporel, la taille et l’épaisseur du pli cutané de 550 enfants de la cohorte MIREC âgés de 2 à 5 ans ont été mesurés.  L’épaisseur du pli cutané (une estimation de la graisse corporelle située juste sous la peau) était mesurée au niveau du bras et du dos de chaque enfant. L’indice de masse corporelle (IMC) de l’enfant était calculé en prenant le poids de l’enfant en kilogrammes et en le divisant par sa taille au carré (kg/m2).

Les chercheurs ont constaté que les taux d’adiponectine dans le sang de cordon étaient associés à de légères augmentations de l’IMC et de l’épaisseur du pli cutané chez les garçons, mais pas chez les filles. De plus, des taux d’adiponectine deux fois plus élevés ont été associés à une augmentation de 30 % du risque de surpoids ou d’obésité chez les garçons. Aucune association n’a été observée entre les taux de leptine mesurés dans le sang de cordon et les mesures corporelles prises chez les garçons ou les filles.

En conclusion, cette étude laisse penser que les associations entre le taux d’adiponectine mesuré à la naissance et le risque que l’enfant soit plus tard en surpoids ou obèse diffèrent entre garçons et filles. Au fil des études qui seront menées, notamment dans l’étude MIREC-ENDO, les chercheurs pourront évaluer si les associations observées chez les enfants d’âge préscolaire persistent jusqu’à la préadolescence ou l’adolescence.

Cette étude a été menée par des chercheurs de l’Université Dalhousie, à Halifax.