11. Correction et comparabilité des mesures de métabolites de phtalates provenant d’études de biosurveillance canadiennes (2007-2012) (résumé simplifié)

(Correction and comparability of phthalate metabolite measurements of Canadian biomonitoring studies (2007-2012)) Langlois É, Saravanabhavan G, Arbuckle TE, Giroux S. Environment International. 2014 Mar;64:129-33. doi: 10.1016/j.envint.2013.12.002

Les phtalates sont un groupe de produits chimiques utilisés dans un large éventail de produits industriels, de consommation et de soins personnels (parfum, shampoing, verni à ongles, maquillage pour les yeux, etc.). Ils sont communément appelés plastifiants, car ils rendent le plastique mou et donc moins cassant. On les retrouve abondamment dans l’environnement, et leurs métabolites sont souvent mesurés dans des études de biosurveillance pour évaluer l’exposition aux phtalates. (Les métabolites sont des substances produites par le métabolisme, ou processus chimique du corps, ou des produits qui restent dans le corps après la dégradation d’une substance, ou métabolisation.)

Lors de recherches antérieures, le laboratoire de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a détecté un problème d’exactitude de plusieurs étalons commerciaux utilisés pour mesurer la concentration des métabolites de phtalates dans des biospécimens collectés lors d’études de biosurveillance au pays. Ce laboratoire avait pour mandat d’analyser des échantillons d’urine pour trois de ces études, soit :

  1. l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS), une enquête sur les mesures de la santé qui a débuté en 2007 (échantillons de sang et d’urine),
  2. l’étude MIREC, qui comprend une cohorte de 2001 femmes enceintes provenant de 10 villes canadiennes, et
  3. l’étude P4 : Utilisation de matières plastiques et de produits de soins personnels pendant la grossesse, qui a suivi 80 femmes enceintes pendant la grossesse et après l’accouchement.

L’inexactitude des étalons commerciaux a compromis la qualité des résultats de ces trois études de biosurveillance, soit un total de 105 000 mesures de métabolites de phtalates provenant de 9302 échantillons. Le laboratoire a mis au point une approche pour dériver des facteurs de correction pour chaque lot d’étalons utilisés. Ces facteurs de correction ont ensuite été appliqués aux mesures de métabolites de phtalates déjà effectuées dans les échantillons d’urine afin de générer des concentrations révisées (corrigées) de ces métabolites. Le but principal de cette initiative était d’obtenir des données exactes et comparables pour ces trois études de biosurveillance.

La présente étude met en lumière l’importance de s’assurer de l’exactitude des étalons pour mesurer les concentrations de diverses substances (dans ce cas-ci, les métabolites des phtalates) dans des échantillons d’urine ou autres biospécimens. La précision des outils améliore la validité des mesures. Elle s’avère particulièrement importante lorsque l’on compare des études.