38. Mesures de folate total et d’acide folique non métabolisé dans le lait maternel d’un groupe représentatif des femmes canadiennes (résumé simplifié)

(Total folate and unmetabolized folic acid in the breast milk of a cross-section of Canadian women) MacFarlane AJ, Page R, Robichaud A, Arbuckle TE, Fraser WD. American Journal of Clinical Nutrition. 2017 May;105(5):1101-1109. doi: 10.3945/ajcn.116.137968.

Le lait maternel est riche en vitamines essentielles de toutes sortes, notamment en folates, lesquels sont indispensables à la croissance et au développement du fœtus et du nouveau-né. Au Canada, il est recommandé aux femmes qui planifient une grossesse, aux femmes enceintes ou à celles qui allaitent de prendre une fois par jour une multivitamine d’une teneur en acide folique de 400 µg. L’acide folique, la forme synthétisée (fabriquée par l’homme) du folate, est transformé (métabolisé) en folates par le foie. Certains craignent qu’un apport excessif en acide folique ne dépasse la capacité du foie à métaboliser l’acide folique en folates. Des données limitées sont disponibles sur les taux de folate total et d’acide folique non métabolisé dans le lait maternel des Canadiennes dont l’apport en acide folique provient d’aliments enrichis en acide folique (p. ex., farine blanche) et de suppléments vitaminiques. Cette étude visait à déterminer la teneur en folate total et en acide folique non métabolisé du lait maternel et à examiner le lien avec la prise de suppléments d’acide folique.

Le folate total et l’acide folique non métabolisé ont tous deux étés mesurés dans des échantillons de lait maternel des participantes à l’étude MIREC, tandis que les renseignements sur la prise de suppléments ont été obtenus à partir des questionnaires remplis par les participantes.

Dans cette analyse d’échantillons de lait maternel provenant de 561 femmes (dont 401 avaient déclaré prendre des suppléments d’acide folique et 160 ne pas en prendre), les femmes qui prenaient des suppléments étaient généralement plus âgées (âge moyen de 33 ans) et avaient un niveau de scolarité et un revenu familial annuel plus élevés que les femmes qui ne prenaient pas de suppléments. Les analyses ont révélé que de l’acide folique non métabolisé était présent dans le lait maternel de plus de 95 % des participantes. En outre, la teneur en folates du lait maternel était plus élevée (18 %) chez les femmes qui prenaient des suppléments d’acide folique que chez celles qui n’en prenaient pas. La teneur du lait maternel en acide folique non métabolisé était également beaucoup plus élevée (126 %) chez les femmes qui ont déclaré prendre plus de 400 µg/jour d’acide folique sous forme de suppléments.

En conclusion, la prise de suppléments d’acide folique a été associée à une augmentation modeste du taux de folates dans le lait maternel. De l’acide folique non métabolisé a été détecté dans presque tous les échantillons de lait maternel analysés, y compris ceux des femmes qui ne prenaient aucun supplément d’acide folique. Les résultats de cette étude suggèrent que la prise d’une dose d’acide folique supérieure à la dose recommandée de 400 µg/jour pourrait être excessive, compte tenu de la capacité limitée de l’organisme à métaboliser l’acide folique. Par conséquent, des doses de suppléments d’acide folique supérieures à 400 µg/jour ne sont peut-être pas nécessaires, en particulier dans les populations où l’enrichissement des aliments en acide folique est obligatoire, comme c’est le cas au Canada.