36. Lien potentiel entre la concentration des substances perfluoroalkyliques chez la mère, certains marqueurs de la fonction métabolique chez le fœtus et le poids du bébé à la naissance: l’étude MIREC (résumé simplifié)

(Maternal concentrations of perfluoroalkyl substances and fetal markers of metabolic function and birth weight: the Maternal-Infant Research on Environmental Chemicals (MIREC) Study) Ashley-Martin J, Dodds L, Arbuckle TE, Bouchard MF, Fisher M, Morisset AS, Monnier P, Shapiro GD, Ettinger AS, Dallaire R, Taback S, Fraser WD, Platt RW.  American Journal of Epidemiology 2017 Feb 1;185(3):185-193. doi: 10.1093/aje/kww213.

Les substances perfluoroalkyliques (SPFA) sont des composés chimiques émis par les usines où sont fabriqués des produits d’entretien domestique et de consommation. Une fois libérés dans l’atmosphère, elles peuvent être transportées sur de longues distances. Elles se retrouvent ainsi dans l’environnement et y demeurent longtemps. Les SPFA peuvent traverser la barrière placentaire, ce qui entraîne une exposition du fœtus. Il existe trois types communs et persistants de SPFA : l’acide perfluorooctanoïque (APFO), le sulfonate de perfluorooctane (SPFO) et l’acide sulfonique de perfluorohexane (PFHxS).

Dans le cadre de l’étude MIREC, les chercheurs se sont penchés sur le lien potentiel entre l’exposition prénatale à ces trois SPFA, le poids du bébé à la naissance et les biomarqueurs (quantité mesurable de substance dans un organisme) de processus métaboliques défavorables chez les nourrissons. Deux hormones, la leptine et l’adiponectine, ont été mesurées dans 1 247 échantillons de sang de cordon ombilical de nourrissons nés à terme entre 2008 et 2011. La majorité des participantes à l’étude étaient âgées d’au moins 30 ans, ne fumaient pas et avaient un indice de masse corporelle (IMC) normal.

Les résultats ont montré que lorsque les concentrations maternelles d’APFO augmentaient, le poids du bébé à la naissance diminuait légèrement. De plus, lorsque les concentrations de SPFO augmentaient chez la mère, une légère diminution des taux de leptine dans le sang de cordon était observée. Aucune association n’a toutefois été constatée entre l’une ou l’autre des trois SPFA et les concentrations d’adiponectine dans le sang de cordon.

Bien que ces résultats appuient ceux d’études passées ayant montré un lien entre l’exposition des mères à l’APFO et un plus petit poids à la naissance, d’autres recherches doivent être menées pour déterminer si les effets observés persistent et se manifestent d’une manière cliniquement significative à mesure que l’enfant vieillit.