34. Concentrations d’arsenic chez des femmes enceintes et nouveau-nés canadiens : résultats de l’étude MIREC (résumé simplifié)

(Arsenic levels among pregnant women and newborns in Canada: results from the Maternal-Infant Research on Environmental Chemicals (MIREC) cohort) Ettinger AS, Arbuckle TE, Fisher M, Liang CL, Davis K, Mihai Cirtiu C, Bélanger P, LeBlanc A, Fraser WD, the MIREC Study Group. Environmental Research. 2017 Feb;153:8-16. doi: 10.1016/j.envres.2016.11.008.

La présence d’arsenic dans l’environnement résulte de causes naturelles (p. ex., accumulation dans la croûte terrestre et les eaux souterraines) et d’activités humaines (p. ex. extraction de l’or, combustion des combustibles fossiles, application de pesticides et incinération des déchets). Les sources possibles d’exposition à l’arsenic incluent certains aliments (p. ex., fruits de mer et riz) et l’eau potable. Certaines espèces d’arsenic sont toxiques à des concentrations élevées. L’arsenic peut passer de la femme enceinte à son enfant en développement. Des études (pas toutes) ont montré que l’exposition de la mère à de fortes concentrations d’arsenic serait associée à des issues défavorables de la grossesse et à un effet possible sur le QI et la mémoire de l’enfant.

Dans le cadre de l’étude MIREC, 2 000 femmes enceintes ont été recrutées dans 10 villes canadiennes entre 2008 et 2011. L’arsenic a été mesuré dans le sang et l’urine de la mère collectés pendant la grossesse, dans le sang de cordon ombilical à l’accouchement et dans le méconium des nourrissons. Le méconium correspond aux premières selles expulsées par le nourrisson dans les deux jours après sa naissance. Comme le méconium se forme pendant les deuxième et troisième trimestres de la grossesse, la mesure des substances chimiques qu’il renferme est un indicateur de l’exposition fœtale.

Des concentrations d’arsenic à l’état de traces ont été détectées dans les échantillons de sang prélevés aux premier et troisième trimestres de grossesse de la majorité des participantes de l’étude. Par contre, environ 50 % seulement des échantillons de sang de cordon contenaient des traces détectables d’arsenic, tandis que plus de 90 % des échantillons de méconium n’en contenaient aucune.

Les taux d’arsenic dans le sang de la mère étaient plus élevés chez les participantes d’origine asiatique (Chinoises, Asiatiques du Sud et du Sud-Est, Philippines, Japonaises et Coréennes), peut-être en raison d’un régime alimentaire privilégiant des aliments dont la teneur en arsenic est connue pour être supérieure à celle de la plupart des aliments (p. ex. le riz et les fruits de mer). Des taux supérieurs d’arsenic ont été détectés dans le sang des participantes âgées de 30 ans ou plus, ayant plus d’un enfant ou un niveau de scolarité plus élevé. Par ailleurs, les taux d’arsenic des participantes de MIREC étaient inférieurs aux taux généralement observés chez les Canadiennes en âge de procréer (20 à 39 ans).

D’autres recherches sont nécessaires pour déterminer les principales sources d’exposition à l’arsenic chez les femmes enceintes et les facteurs susceptibles d’influencer cette exposition.