32. Pollution de l’air durant la grossesse et biomarqueurs du système immunitaire dans le sang de cordon (résumé simplifié)

(Air pollution during pregnancy and cord blood immune system biomarkers) Ashley-Martin J, Lavigne E, Arbuckle TE, Johnson M, Hystad P, Crouse DL, Marshall JS, Dodds L. Journal of Occupational and Environmental Medicine. 2016 Oct;58(10):979-986. doi: 10.1097/JOM.0000000000000841 

L’exposition à des concentrations élevées de polluants de l’air extérieur, comme les matières particulaires (MP2,5) ou le dioxyde d’azote (NO2), peut être associée à une grande diversité d’effets néfastes sur la santé, en particulier chez les tout-petits et les personnes âgées. Ces effets s’étendent de difficultés respiratoires mineures, la toux et la respiration sifflante à l’exacerbation de maladies respiratoires comme l’asthme, la bronchite et l’emphysème.

Les matières particulaires (MP2,5) sont surtout issues de réactions chimiques atmosphériques et de la combustion de carburants (véhicules motorisés, production d’énergie, usines, chauffage au bois résidentiel, poêles à bois, brûlis agricoles, etc.). Le NO2 est aussi un produit de la combustion, dont la majorité des émissions proviennent du secteur des transports.

Nous savons peu de choses sur les effets que peut avoir sur le système immunitaire du nouveau-né l’exposition prénatale à des polluants de l’air. Certaines études ont cependant montré l’existence de liens entre l’exposition à certains polluants atmosphériques et les nourrissons de petits poids à la naissance ou nés prématurément.

Cette étude visait à analyser les associations possibles entre l’exposition prénatale au NO2 ou aux MP2,5 et le système immunitaire des nouveau-nés. Trois biomarqueurs du système immunitaire ont ainsi été mesurés dans le sang de cordon des nourrissons issus de grossesses non gémellaires nés à terme de l’étude MIREC : l’immunoglobuline E (ou IgE, un anticorps), l’interleukine-33 (IL-33) et la lymphopoïétine stromale thymique (TSLP). L’IL-33 et la TSLP sont de petites protéines qui interagissent avec les cellules de l’organisme et influencent les réponses du système immunitaire à diverses expositions environnementales, dont les polluants atmosphériques. Les chercheurs ont estimé l’exposition prénatale aux polluants atmosphériques en associant les trois premiers caractères du code postal résidentiel des participantes de MIREC durant le premier et le troisième trimestre de grossesse avec les données sur la pollution atmosphérique dans ces régions du Canada. Ils ont pu analyser ces données pour 1 253 mères et de leurs nourrissons.

L’étude a révélé une association significative entre l’exposition élevée des mères au NO2 et les concentrations élevées d’IL-33 et de TSLP dans le sang de cordon des filles, mais pas dans celui des garçons. Ces résultats suggèrent que l’exposition à des niveaux élevés de NO2 pendant la grossesse pourrait affecter le développement du système immunitaire du nouveau-né, tel que mesuré par ces deux marqueurs.

D’autres travaux sont nécessaires pour voir si cette association sera observée dans d’autres études. Ces travaux ont été dirigés par des chercheurs de l’Université Dalhousie.