24. Exposition à la pollution de l’air durant la grossesse et marqueurs de la fonction métabolique chez le fœtus: l’étude MIREC (résumé simplifié)

(Air pollution exposure during pregnancy and fetal markers of metabolic function: the MIREC Study) Lavigne E, Ashley-Martin J, Dodds L, Arbuckle TE, Hystad P, Johnson M, Crouse DL, Ettinger AS, Shapiro GD, Fisher M, Morisset AS, Taback S, Bouchard MF, Sun L, Monnier P, Dallaire R, Fraser WD. American Journal of Epidemiology. 2016 2016 May 1;183(9):842-51. doi: 10.1093/aje/kwv256.

Quelques études sur des animaux de laboratoire indiquent que l’exposition à la pollution de l’air (ou pollution atmosphérique) avant ou peu après la naissance pourrait être associée au gain de poids et à l’obésité chez l’enfant; toutefois, dans ce domaine, les études chez les humains sont rares. Une des méthodes utilisées pour examiner cette association potentielle consiste à mesurer la leptine et l’adiponectine, des hormones métaboliques, dans le sang de cordon ombilical. Ces deux hormones peuvent donner une indication de la croissance future de l’enfant et de son risque d’obésité.

Entre 2008 et 2011, environ 2 000 femmes ont été recrutées dans 10 villes canadiennes pour participer à l’étude MIREC. Parmi ce groupe, environ 1 300 paires mère-nourrisson ont été inclus dans cette analyse d’une association possible entre des polluants atmosphériques extérieurs (dioxyde d’azote et particules fines) et les concentrations de leptine et d’adiponectine chez les nourrissons. L’exposition prénatale de chaque nourrisson à ces polluants atmosphériques tout au long de la gestation a été estimée à partir des données disponibles sur la pollution de l’air dans différentes régions géographiques du Canada; les deux hormones ont été mesurées dans le sang de cordon ombilical.

L’étude a révélé qu’une augmentation de l’exposition moyenne aux particules fines ou au dioxyde d’azote présents dans l’air extérieur pendant la grossesse était associée à une légère augmentation (11 % à 13 %) de l’adiponectine.

Comme aucune autre étude n’a à ce jour examiné cette association potentielle, il reste à déterminer si celle-ci est réelle ou fortuite. Le suivi des enfants de l’étude MIREC tout au long de leur croissance permettra de préciser, d’une part, si les taux d’hormone mesurés dans le sang de cordon sont prédictifs de la croissance et de l’obésité chez les enfants et, d’autre part, si l’exposition aux polluants atmosphériques en début de vie a un impact significatif sur l’obésité durant l’enfance.